BIBLIOGRAFIE

 

Gerhard Schröder, Entscheidungen. Mein Leben in der Politik. Hoffmann und Campe, Hamburg 2006

Stefan Aust und Cordt Schnibben (Hrsg.), Irak. Geschichte eines modernen Krieges. München 2004

Christian Hacke: Die Außenpolitik der Bundesrepublik Deutschland. Von Konrad Adenauer bis Gerhard Schröder. Aktualisierte Neuausgabe. Frankfurt am Main 2003

DER REDETEXT IM ORIGINAL

 

Monsieur le Président,

Monsieur le Secrétaire général,

Madame et Messieurs les Ministres,

Messieurs les Ambassadeurs,

Je remercie Messieurs Blix et El Baradei pour les indications qu’ils viennent de nous fournir sur la poursuite des inspections en Iraq. Je tiens à nouveau à leur exprimer la confiance et le plein soutien de la France dans leur mission.

Vous savez le prix que la France attache, depuis l’origine de la crise iraquienne, à l’unité du Conseil de sécurité. Cette unité repose aujourd’hui sur deux éléments essentiels :

Nous poursuivons ensemble l’objectif d’un désarmement effectif de l’Iraq. Nous avons en ce domaine une obligation de résultat. Ne mettons pas en doute notre engagement commun en ce sens. Nous assumons collectivement cette lourde responsabilité qui ne doit laisser place ni aux arrière-pensées, ni aux procès d’intention. Soyons clairs : aucun d’entre nous n’éprouve la moindre complaisance à l’égard de Saddam Hussein et du régime iraquien.

En adoptant à l’unanimité la résolution 1441, nous avons collectivement marqué notre accord avec la démarche en deux temps proposée par la France : le choix du désarmement par la voie des inspections et, en cas d’échec de cette stratégie, l’examen par le Conseil de sécurité de toutes les options, y compris celle du recours à la force. C’est bien dans ce scénario d’échec des inspections, et dans ce cas seulement, que pourrait se justifier une seconde résolution.

La question qui se pose aujourd’hui est simple : considérons-nous en conscience que le désarmement par les missions d’inspection est désormais une voie sans issue ? Ou bien, estimons-nous que les possibilités en matière d’inspection offertes par la résolution 1441 n’ont pas encore été toutes explorées ?

En réponse à cette question, la France a deux convictions :

la première, c’est que l’option des inspections n’a pas été conduite jusqu’à son terme et peut apporter une réponse efficace à l’impératif du désarmement de l’Iraq ; la deuxième, c’est qu’un usage de la force serait si lourd de conséquences pour les hommes, pour la région et pour la stabilité internationale qu’il ne saurait être envisagé qu’en dernière extrémité.

Or, que venons-nous d’entendre, à travers le rapport de MM. Blix et El Baradei ? Nous venons d’entendre que les inspections donnent des résultats. Bien sûr, chacun d’entre nous veut davantage et nous continuerons ensemble à faire pression sur Bagdad pour obtenir plus. Mais les inspections donnent des résultats.

Lors de leurs précédentes interventions au Conseil de sécurité, le 27 janvier, le Président exécutif de la CCVINU et le Directeur général de l’AIEA avaient identifié précisément les domaines dans lesquels des progrès étaient attendus. Sur plusieurs de ces points, des avancées significatives ont été obtenues :

Dans les domaines chimique et biologique, les Iraquiens ont remis de nouveaux documents aux inspecteurs. Ils ont aussi annoncé la création de commissions d’investigation, dirigées par les anciens responsables des programmes d’armements, conformément aux demandes de Monsieur Blix.

Dans le domaine balistique, les informations fournies par l’Iraq ont permis aux inspecteurs de progresser également. Nous détenons avec précision les capacités réelles du missile Al-Samoud. Maintenant, il convient de procéder au démantèlement des programmes non-autorisés, conformément aux conclusions de Monsieur Blix.

Dans le domaine nucléaire, des informations utiles ont été transmises à l’AIEA sur les points importants évoqués par Monsieur El Baradei le 27 janvier dernier : l’acquisition d’aimants susceptibles de servir à l’enrichissement d’uranium et la liste des contacts entre l’Iraq et le pays susceptible de lui avoir fourni de l’uranium.

Nous sommes là au cœur de la logique de la résolution 1441, qui doit assurer l’efficacité des inspections grâce à une identification précise des programmes prohibés, puis à leur élimination.

Nous sommes tous conscients que le succès des inspections suppose que nous aboutissions à une coopération pleine et entière de l’Iraq. La France n’a cessé de l’exiger. Des progrès réels commencent à apparaître :

L’Iraq a accepté le survol de son territoire par des appareils de reconnaissance aérienne. Il a permis que des scientifiques iraquiens soient interrogés sans témoins par les inspecteurs ; un projet de loi prohibant toutes les activités liées aux programmes d’armes de destruction massive est en cours d’adoption, conformément à une demande ancienne des inspecteurs. L’Iraq doit fournir une liste détaillée des experts ayant assisté en 1991 aux destructions des programmes militaires.

La France attend bien entendu que ces engagements soient durablement vérifiés. Au-delà, nous devons maintenir une forte pression sur l’Iraq pour qu’il aille plus loin dans la voie de la coopération.

Ces progrès nous confortent dans la conviction que la voie des inspections peut être efficace. Mais nous ne devons pas nous dissimuler l’ampleur du travail restant à accomplir : des questions doivent être encore élucidées, des vérifications doivent être conduites, des installations ou des matériels doivent sans doute encore être détruits.

Pour ce faire, nous devons donner aux inspections toutes les chances de réussir.

J’ai fait des propositions le 5 février devant le Conseil. Depuis lors, nous les avons précisées dans un document de travail adressé à Messieurs Blix et El Baradei et communiquées aux membres du Conseil.

Quel est leur esprit ? Il s’agit de propositions pratiques et concrètes, qui peuvent être mises en œuvre rapidement et qui sont destinées à renforcer l’efficacité des opérations d’inspection. Elles s’inscrivent dans le cadre de la résolution 1441 et ne nécessitent par conséquent aucune nouvelle résolution du Conseil. Elles doivent venir à l’appui des efforts menés par Messieurs Blix et El Baradei. Ils sont naturellement les mieux à même de nous dire celles d’entre elles qu’ils souhaitent retenir pour assurer la meilleure efficacité de leurs travaux. Dans leur rapport, ils nous ont fait des commentaires utiles et opérationnels.

La France a déjà annoncé qu’elle tenait des moyens supplémentaires à la disposition de Messieurs Blix et El Baradei, à commencer par ses appareils de surveillance aérienne Mirage IV.

Alors oui j’entends bien les critiques :

Il y a ceux qui pensent que dans leur principe, les inspections ne peuvent avoir aucune efficacité. Mais je rappelle que c’est le fondement même de la résolution 1441 et que les inspections donnent des résultats. On peut les juger insuffisantes mais elles sont là.

Il y a ceux qui croient que la poursuite du processus d’inspection serait une sorte de manœuvre de retardement visant à empêcher une intervention militaire. Cela pose naturellement la question du temps imparti à l’Iraq. Nous sommes là au centre des débats. Il y va de notre crédibilité et de notre esprit de responsabilité. Ayons le courage de mettre les choses à plat.

Il y a deux options :

L’option de la guerre peut apparaître a priori la plus rapide. Mais n’oublions pas qu’après avoir gagné la guerre, il faut construire la paix. Et ne nous voilons pas la face : cela sera long et difficile, car il faudra préserver l’unité de l’Iraq, rétablir de manière durable la stabilité dans un pays et une région durement affectés par l’intrusion de la force. Face à de telles perspectives, il y a l’alternative offerte par les inspections, qui permet d’avancer de jour en jour dans la voie d’un désarmement efficace et pacifique de l’Iraq. Au bout du compte, ce choix-là n’est-il pas le plus sûr et le plus rapide ?

Personne ne peut donc affirmer aujourd’hui que le chemin de la guerre sera plus court que celui des inspections. Personne ne peut affirmer non plus qu’il pourrait déboucher sur un monde plus sûr, plus juste et plus stable. Car la guerre est toujours la sanction d’un échec. Serait-ce notre seul recours face aux nombreux défis actuels ? Donnons par conséquent aux inspecteurs des Nations Unies le temps nécessaire à la réussite de leur mission. Mais soyons ensemble vigilants et demandons à Messieurs Blix et El Baradei de faire régulièrement rapport au Conseil. La France, pour sa part, propose un nouveau rendez-vous le 14 mars au niveau ministériel, pour évaluer la situation. Nous pourrons alors juger des progrès effectués et de ceux restant à accomplir.

Dans ce contexte, l’usage de la force ne se justifie pas aujourd’hui. Il y a une alternative à la guerre : désarmer l’Iraq par les inspections. De plus, un recours prématuré à l’option militaire serait lourd de conséquences.

L’autorité de notre action repose aujourd’hui sur l’unité de la communauté internationale. Une intervention militaire prématurée remettrait en cause cette unité, ce qui lui enlèverait sa légitimité et, dans la durée, son efficacité.

Une telle intervention pourrait avoir des conséquences incalculables pour la stabilité de cette région meurtrie et fragile. Elle renforcerait le sentiment d’injustice, aggraverait les tensions et risquerait d’ouvrir la voie à d’autres conflits.

Nous partageons tous une même priorité, celle de combattre sans merci le terrorisme. Ce combat exige une détermination totale. C’est, depuis la tragédie du 11 septembre, l’une de nos responsabilités premières devant nos peuples. Et la France, qui a été durement touchée à plusieurs reprises par ce terrible fléau, est entièrement mobilisée dans cette lutte qui nous concerne tous et que nous devons mener ensemble. C’est le sens de la réunion du Conseil de sécurité qui s’est tenue le 20 janvier, à l’initiative de la France.

Il y a dix jours, le Secrétaire d’État américain, Monsieur Powell, a évoqué des liens supposés entre Al-Qaida et le régime de Bagdad. En l’état actuel de nos recherches et informations menées en liaison avec nos alliés, rien ne nous permet d’établir de tels liens. En revanche, nous devons prendre la mesure de l’impact qu’aurait sur ce plan une action militaire contestée actuellement. Une telle intervention ne risquerait-elle pas d’aggraver les fractures entre les sociétés, entre les cultures, entre les peuples, fractures dont se nourrit le terrorisme ?

La France l’a toujours dit : nous n’excluons pas la possibilité qu’un jour il faille recourir à la force, si les rapports des inspecteurs concluaient à l’impossibilité pour les inspections de se poursuivre. Le Conseil devrait alors se prononcer et ses membres auraient à prendre toutes leurs responsabilités. Et, dans une telle hypothèse, je veux rappeler ici les questions que j’avais soulignées lors de notre dernier débat le 4 février et auxquelles nous devrons bien répondre :

En quoi la nature et l’ampleur de la menace justifient-elles le recours immédiat à la force ?

Comment faire en sorte que les risques considérables d’une telle intervention puissent être réellement maîtrisés ?

En tout état de cause, dans une telle éventualité, c’est bien l’unité de la communauté internationale qui serait la garantie de son efficacité. De même, ce sont bien les Nations Unies qui resteront demain, quoi qu’il arrive, au cœur de la paix à construire.

Monsieur le Président, à ceux qui se demandent avec angoisse quand et comment nous allons céder à la guerre, je voudrais dire que rien, à aucun moment, au sein de ce Conseil de sécurité, ne sera le fait de la précipitation, de l’incompréhension, de la suspicion ou de la peur.

Dans ce temple des Nations Unies, nous sommes les gardiens d’un idéal, nous sommes les gardiens d’une conscience. La lourde responsabilité et l’immense honneur qui sont les nôtres doivent nous conduire à donner la priorité au désarmement dans la paix.

Et c’est un vieux pays, la France, d’un vieux continent comme le mien, l’Europe, qui vous le dit aujourd’hui, qui a connu les guerres, l’occupation, la barbarie. Un pays qui n’oublie pas et qui sait tout ce qu’il doit aux combattants de la liberté venus d’Amérique et d’ailleurs. Et qui pourtant n’a cessé de se tenir debout face à l’Histoire et devant les hommes. Fidèle à ses valeurs, il veut agir résolument avec tous les membres de la communauté internationale. Il croit en notre capacité à construire ensemble un monde meilleur.

Je vous remercie.

DER  REDETEXT IN ENGLISCHER  SPRACHE

 

Mr. President, Mr. Secretary- General, distinguished ministers, distinguished ambassadors, I would like to thank Mr. Blix and Mr. ElBaradei for the information they have given us on the continuing inspections in Iraq. I would like to reiterate to them France’s confidence and complete support in their work.

You know the value that France has placed on the unity of the Security Council from the outset of the Iraq crisis. This unity rests on two fundamental elements at this time. We are pursuing together the objective of effectively disarming Iraq. We have an obligation to achieve results. Let us not cast doubt on our common commitment to this goal. We shoulder collectively this onerous responsibility, which must leave no room for ulterior motives or assumptions.

Let us be clear. Not one of us feels the least indulgence towards Saddam Hussein and the Iraqi regime. In unanimously adopting Resolution 1441, we collectively expressed our agreement with the two- stage approach proposed by France: disarmament through inspections and, should this strategy fail, consideration by the Security Council of all the options, including the recourse to force. It was clearly in the event inspections failed and only in that event that a second resolution could be justified.

The question today is simple. Do we believe in good conscience that disarmament via inspections is now leading us to a dead end, or do we believe that the possibilities regarding inspections presented in 1441 have still not been fully explored?

In response to this question, France believes two things. First, the option of inspections has not been taken to the end. It can provide an effective response to the imperative of disarming Iraq.

Secondly, the use of force would be so fraught with risk for people, for the region and for international stability that it should only be envisioned as a last resort.

So what have we just learned from the reports by Mr. Blix and Mr. ElBaradei? We have just learned that the inspections are purchasing results. Of course, each of us wants more, and we will continue together to put pressure on Baghdad to obtain more. But the inspections are purchasing results. At earlier reports to the Security Council on 27 January, the executive chairman of UNMOVIC and the director-general of the IAEA identified in detail areas in which progress was expected. Significant gains have now been made on several of these fronts.

In the chemical and biological areas, the Iraqis have provided the inspectors with new documentation. They have also announced they are reestablishing two commissions of inquiry, led by former officials of weapons programs in accordance with Mr. Blix’s requests.

In the ballistic area, the information provided by Iraq has enabled the inspectors to make progress. We now know exactly the real capabilities of the Al-Samoud missile. The unauthorized programs must now be dismantled in accordance with Mr. Blix’s conclusions.

In the nuclear domain, useful information has been given to the IAEA on the most important points discussed by Mr. ElBaradei on 27 January. The acquisition of magnets that could be used to enrich uranium and the list of contacts between Iraq and the country likely to have provided it with uranium.

And so here we are at the heart of the logic of Resolution 1441, which must ensure effective inspections through precisely identifying banned programs and then eliminating them. We all realize that success in the inspections presupposes that we get full and complete cooperation from Iraq. France has consistently demanded this.

Real progress is emerging. Iraq has agreed to aerial reconnaissance over its territory; it has allowed Iraqi scientists to be questioned by inspectors without witnesses; a bill barring all activities linked to weapons of mass destruction programs is being adopted, which is in accordance with the long-standing request from the inspectors; and Iraq is providing a detailed list of experts who witnessed the destruction of military programs in 1991.

France, naturally, expects these commitments to be (durably ?) verified as facts. Beyond that, we must maintain strong pressure on Iraq so that it goes further in its cooperation. Progress like this strengthens us in our conviction that inspections can be effective. But we must not shut our eyes to the amount of work that still remains. Questions still have to be cleared up, verifications made, and installations and equipment probably still have to be destroyed. To do this, we must give the inspections every chance of succeeding.

I made some proposals to the council on 5 February, and since then, we detailed them in a working document addressed to Mr. Blix and Mr. ElBaradei, which was distributed to council members. What is the spirit of those proposals? They are practical and concrete proposals that can be implemented quickly. They are designed to enhance the efficiency of inspection operations. They fall within the framework of Resolution 1441, and consequently, they do not require a new resolution by this council. They come to support the efforts of Mr. Blix and Mr. ElBaradei, who are, naturally, the best place to tell us which ones they wish to ensure maximum effectiveness in their work. In their reports, they have already made useful and operational comments.

France has already announced it has additional resources available to Mr. Blix and Mr. ElBaradei, beginning with our Mirage IV reconnaissance aircraft.

Oh, yes, I hear criticism. There are those who think that inspections, in their very essence, cannot be effective at all. But let me recall that that was the very foundation of Resolution 1441, and that inspections are producing results. One may judge them inadequate, but the results are there.

Then there are those who believe that continuing the inspection process is a kind of delaying tactic to prevent or avert military intervention. That naturally raises a question of how much time is allowed Iraq. And this brings us to the heart of the matter. What is at stake is our credibility and our sense of responsibility. Let us have the courage to see things as they are. There are two options. The option of war might seem a priori to be the swiftest, but let us not forget that having won the war, peace has to be built. Let us not delude ourselves. This will be long and difficult because it will be necessary to preserve Iraq’s unity and to restore stability in a lasting way in a country and a region harshly affected by the intrusion of force.

Faced with that prospective, there is an alternative — inspections — which allow us to move forward day by day with the effective and peaceful disarmament of Iraq. In the end, is that choice not the most sure and most rapid?

No one today can claim that the path of war will be shorter than the path of inspections. No one can claim that it would lead to a safer, more just, more stable world, for war is always the sanction of failure. Would this be our sole recourse in the face of the many challenges at this time?

So let us give the United Nations inspectors the time they need for their mission to succeed, but also let us all be vigilant and ask Mr. Blix and Mr. ElBaradei to report regularly to the council.

France, for its part, would propose another meeting on 14 March at the ministerial level to assess the situation. We would then be able to judge the progress made and what remains to be done.

Given this context, the use of force is not justified at this time. There is an alternative to war: Disarming Iraq via inspections. Moreover, premature recourse to the military option would be fraught with risks. The authority of our action is based today on the unity of the international community. Premature military intervention will bring this unity into question, and that would detract from its legitimacy and in the long run, its effectiveness. Such intervention could have incalculable consequences for the stability of this scarred and fragile region. It would compound the sense of injustice, increase tension and risk paving the way to other conflicts.

We all share the same priority: Fighting terrorism mercilessly. This fight requires total determination. Since the tragedy of September 11, this has been one of the highest priorities facing our peoples. France has been struck hard by this terrible scourge several times, and it is wholly mobilized in this fight which involves all of us, which we must pursue together. That was the sense of the Security Council meeting held on 20 January and France’s initiative.

Ten days ago, the U.S. secretary of State, Mr. Powell, reported alleged links between al Qaeda and the Baghdad regime. Given the present state of our research and intelligence in liaison with our allies, nothing allows us to establish such links. But we must assess the impact that disputed military action would have on this level. Would such intervention today not be liable to exacerbate divisions between societies, cultures, peoples; divisions that nurture terrorism?

All along, France has been saying we do not exclude the possibility that force may have to be used one day. If the inspectors reports concluded it was impossible to continue inspections, the council would then have to take a decision and its members would have to meet all of their responsibilities.

In such an eventuality, I just want to recall now the questions I stressed at our last debate on 4 February, which we must answer.

To what extent do the nature and extent of the threat justify immediate recourse to force?

How do we ensure that the considerable risks of such intervention can actually be kept under control?

In any case, in such an eventuality, it is the unity of the international community that would ensure and guarantee its effectiveness. It is the United Nations that, whatever happens, will still tomorrow be at the center of the peace to be built.

To those who are anguished, wondering when and how we are going to cede to war, I would like to say that nothing at any time in this council will be done in haste, in misunderstanding, out of suspicion or out of fear.

In this temple of the United Nations, we are the guardians of an ideal, the guardians of a conscience. The onerous responsibility and immense honor we have must lead us to give priority to disarmament through peace.

This message comes to you today from an old country, France, from a continent (inaudible) Europe that has known war, occupation, barbarity. It is an old country that does not forget and is very aware of all it owes to freedom fighters who came from America and elsewhere.

And yet France has always stood upright in the face of history before mankind. Faithful to its values, it wants resolutely to act together with all members of the international community. France believes in our ability to build together a better world.

Thank you, Mr. President.

DER  REDETEXT IN DEUTSCHER  SPRACHE

 

Sehr geehrter Herr Präsident,
Sehr geehrter Herr Generalsekretär,
Sehr geehrte Ministerinnen und Minister,
Sehr geehrte Botschafter,

Ich danke den Herren Blix und El Baradei für ihre Hinweise zum Verlauf der Inspektionen im Irak. Ich möchte ihnen hiermit noch einmal das Vertrauen und die volle Unterstützung Frankreichs in dieser Mission zum Ausdruck bringen.

Sie wissen, welch große Bedeutung Frankreich der Einheit des Sicherheitsrates seit Beginn der Irakkrise beimisst. Diese Einheit ruht heute auf zwei Grundsätzen:

Wir verfolgen gemeinsam das Ziel einer effektiven Abrüstung des Irak. Wir sind dabei zu Ergebnissen verpflichtet. Diese gemeinsame Verpflichtung dürfen wir nicht in Frage stellen. Wir tragen geschlossen eine schwere Verantwortung, in der kein Raum für Hintergedanken oder Unterstellungen sein darf. Sagen wir es offen: Keiner von uns wird auch nur einen Schritt auf Saddam Hussein und das irakische Regime zugehen.

Mit der einstimmigen Annahme der Resolution 1441 haben wir uns mit dem zweistufigen Vorgehen einverstanden erklärt, das von Frankreich vorgeschlagen wurde: die Abrüstung durch Inspektionen und, im Falle eines Scheiterns dieser Strategie, die Prüfung aller weiteren Optionen durch den Sicherheitsrat, einschließlich der Anwendung militärischer Gewalt. Im Falle eines Scheiterns der Inspektionen, und zwar nur im Falle eines Scheiterns, wäre eine zweite Resolution zu rechtfertigen.

Die Frage, die sich heute stellt, ist einfach: Können wir ruhigen Gewissens sagen, dass die Abrüstung durch die Inspektionen in einer Sackgasse angelangt ist? Oder meinen wir, dass die Möglichkeiten zur Kontrolle, wie sie die Resolution 1441 bietet, noch nicht voll ausgeschöpft sind?

Frankreichs Antwort auf diese Frage fußt auf folgenden Überzeugungen:

Erstens: Die Inspektionen sind noch nicht abgeschlossen, könnten aber zur unbedingt erforderlichen Abrüstung des Irak führen. Zweitens: Die Anwendung militärischer Gewalt hätte so schwerwiegende Folgen für die Bevölkerung, die Region und das internationale Gleichgewicht, dass sie nur als allerletzte Möglichkeit in Betracht gezogen werden darf.

Was hörten wir gerade im Bericht der Herren Blix und El Baradei? Wir hörten, dass die Inspektionen zu Ergebnissen führen. Natürlich wollen wir alle mehr, und wir werden gemeinsam Druck auf Bagdad ausüben, um mehr zu bekommen. Aber die Inspektionen führen zu Erfolgen.

Bei ihren letzten Wortmeldungen im Sicherheitsrat am 27. Januar benannten der Chef der UNMOVIC und der Generaldirektor der IAEO genau jene Bereiche, in denen Fortschritte erwartet wurden. In mehreren dieser Bereiche wurden bedeutende Fortschritte erzielt:

Die Iraker übergaben den Inspektoren neue Unterlagen bezüglich chemischer und biologischer Waffen. Und sie kündigten, wie von Herrn Blix gefordert, die Einrichtung von Untersuchungskommissionen an, die von ehemaligen Verantwortlichen der Aufrüstungsprogramme geleitet werden.

Auch im Bereich der ballistischen Raketen konnten die Inspektoren dank Informationen von irakischer Seite weitere Fortschritte erzielen. Wir kennen die genauen Kapazitäten an Al-Samoud-Raketen. Nun gilt es, gemäß den Schlussfolgerungen von Herrn Blix, mit der Demontage der nicht-autorisierten Programme fortzufahren.

Im Hinblick auf die von Herrn El Baradei am 27. Januar genannten Punkte wurden auch im Nuklearbereich nützliche Informationen an die IAEO weitergeleitet: Informationen über die Anschaffung von Magneten, die zur Uran-Anreicherung dienen könnten, sowie eine Liste mit Kontakten zwischen dem Irak und dem Land, dass unter Verdacht steht, den Irak mit Uran versorgt zu haben.

Das alles folgt der Logik der Resolution 1441, die erfolgreiche Inspektionen garantieren soll, indem sie zuerst zur Identifizierung und anschließend zur Eliminierung der verbotenen Programme führt.

Wir sind uns alle bewusst, dass der Erfolg der Inspektionen nur möglich ist, wenn uns eine vollständige und umfassende Zusammenarbeit mit dem Irak gelingt. Frankreich hat das stets gefordert. Langsam zeigen sich auch hier echte Fortschritte:

Der Irak hat das Überfliegen seines Territoriums durch Aufklärungsflugzeuge akzeptiert; er hat erlaubt, dass irakische Wissenschaftler ohne Zeugen von den Inspektoren befragt werden dürfen; ein Entwurf für ein Gesetz, das alle Aktivitäten im Zusammenhang mit Programmen zur Herstellung von Massenvernichtungswaffen verbietet, wird gerade verabschiedet und leistet damit einer alten Forderung der Inspektoren Folge. Der Irak muss eine ausführliche Liste mit den Namen der Experten aushändigen, die 1991 an der Zerstörung der Militärprogramme teilnahmen.

Selbstverständlich erwartet Frankreich, dass diese Zusagen dauerhaft kontrolliert werden. Überdies müssen wir weiterhin großen Druck auf den Irak ausüben, damit das Land weitere Schritte auf dem Weg der Zusammenarbeit geht.

Diese Fortschritte bestärken uns in der Annahme, dass die Inspektionen erfolgreich sein können. Seien wir uns aber des Umfangs der Arbeit bewusst, die noch vor uns liegt: Fragen müssen noch umfassender geklärt werden, Kontrollen müssen durchgeführt werden, zweifellos werden Material und Anlagen noch zerstört werden müssen.

Deshalb müssen wir unser Möglichstes tun, um diese Inspektionen zu Erfolg zu führen.

Am 5. Februar habe ich dem Rat Vorschläge vorgelegt. Diese Vorschläge haben wir in einem an die Herren Blix und El Baradei adressierten Arbeitspapier präzisiert und den Ratsmitgliedern mitgeteilt.

Was sind das für Vorschläge? Es sind praktische und konkrete Vorschläge, die schnell umgesetzt werden können und die Inspektionen noch effizienter machen sollen. Sie bewegen sich im Rahmen der Resolution 1441 und erfordern somit keinen erneuten Beschluss des Rats. Sie sollen die Herren Blix und El Baradei in ihren Bemühungen unterstützen. Selbstverständlich können die Herren Blix und El Baradei am besten sagen, welche Vorschläge sie gerne übernehmen würden, um die bestmögliche Arbeit zu machen. Ihr Bericht ist voller nützlicher und sofort umsetzbarer Anmerkungen.

Frankreich hat bereits die Möglichkeit angekündigt, den Herren Blix und El Baradei zusätzliche Mittel zur Verfügung zu stellen, zum Beispiel Aufklärungsflugzeuge vom Typ Mirage IV.

Und ja, ich höre bereits die Kritiker:

Da gibt es diejenigen, die denken, dass Inspektionen grundsätzlich wirkungslos sind. Doch ich erinnere daran, dass die Inspektionen die Grundlage der Resolution 1441 darstellen und zu Ergebnissen führen. Unzureichende Ergebnisse, vielleicht, aber Ergebnisse.

Und es gibt diejenigen, die glauben, die Fortsetzung der Inspektionen sei eine Art Verzögerungstaktik, um eine militärische Intervention zu verhindern. Dies wirft natürlich die Frage nach dem Zeitraum auf, der dem Irak zugebilligt wird. Damit befinden wir uns im Kern der Debatte. Es geht um unsere Glaubwürdigkeit und unsere große Verantwortung. Seien wir so mutig, die Dinge offen auszusprechen.

Es gibt zwei Optionen:

Die Option Krieg mag zunächst als schnellster Weg erscheinen. Doch vergessen wir nicht, dass man, wenn man einen Krieg gewonnen hat, auch wieder Frieden herstellen muss. Und blicken wir den Tatsachen ins Auge: Das wird ein langer und schwieriger Prozess. Man wird die Einheit des Iraks bewahren und Stabilität wiederherstellen müssen, und zwar in einem gewaltgebeutelten Land und Gebiet. Inspektionen sind eine Alternative zu solchen Perspektiven. Sie führen täglich etwas weiter in die Richtung einer erfolgreichen, friedlichen Abrüstung des Iraks. Ist diese Option letztendlich nicht die sicherste und schnellste Methode?

Niemand kann heute behaupten, dass der Weg des Krieges kürzer sein wird als der Weg der Inspektionen. Auch kann niemand versichern, dass er in eine Welt mit mehr Sicherheit, mehr Gerechtigkeit und mehr Stabilität führen wird. Denn Krieg ist stets die Bestätigung eines Scheiterns. Oder sollte Krieg unsere einzige Lösung sein, den zahlreichen Herausforderungen der heutigen Zeit zu begegnen? Geben wir also den Inspektoren der Vereinten Nationen die nötige Zeit, ihre Mission erfolgreich zu beenden. Doch wir wollen wachsam sein und die Herren Blix und El Baradei darum bitten, dem Rat regelmäßig Bericht zu erstatten. Frankreich schlägt für seinen Teil ein neues Treffen am 14. März auf ministerieller Ebene vor, um die Situation auszuwerten. Dann können wir einschätzen, welche Fortschritte bereits gemacht wurden und welche noch vor uns stehen.

In diesem Kontext ist die Anwendung militärischer Gewalt heute nicht zu rechtfertigen. Es gibt eine Alternative zum Krieg: die Abrüstung des Iraks durch Inspektionen. Außerdem hätte eine vorschnelle militärische Option folgenschwere Konsequenzen.

Die Befähigung zu unserem Handeln gründet sich heute auf der Einheit der internationalen Gemeinschaft. Eine vorschnelle militärische Intervention würde diese Einheit infrage stellen und somit ihre Legitimation und, auf lange Sicht, ihre Wirkungskraft entziehen.

Eine solche Intervention könnte unvorhersehbare Folgen für die Stabilität dieser gebeutelten und instabilen Region nach sich ziehen. Sie würde ein Gefühl des Unrechts verstärken, Spannungen verschärfen und könnte den Weg für weitere Konflikte bereiten.

Wir alle teilen die Priorität, den Terrorismus erbarmungslos zu bekämpfen. Dieser Kampf erfordert höchste Entschlossenheit. Das ist seit der Tragödie vom 11. September eine der wichtigsten Verantwortlichkeiten, die wir vor unseren Völkern tragen. Frankreich, das mehrmals hart von dieser furchtbaren Plage getroffen wurde, beteiligt sich an diesem Kampf, der uns alle betrifft und den wir gemeinsam führen, mit vollem Einsatz. Damit folgt es der Sitzung des Sicherheitsrats, die am 20. Januar auf Initiative Frankreichs stattfand.

Vor zehn Tagen sprach der Außenminister der Vereinigten Staaten, Herr Powell, von mutmaßlichen Verbindungen zwischen Al-Qaida und dem irakischen Regime. Untersuchungen und Informationen unserer Verbündeten zufolge gibt es nach jetzigem Erkenntnisstand nichts, das uns solche Verbindungen nahelegt. Allerdings müssen wir abwägen, wozu umstrittenes militärisches Handeln in diesem Kontext führen würde. Würde eine derartige Intervention nicht das Risiko bedeuten, die Risse zwischen den Gesellschaften, den Kulturen, den Völkern zu vergrößern – Risse, von denen der Terrorismus profitiert?

Frankreich hat immer gesagt: Wir schließen nicht aus, eines Tages militärische Gewalt anzuwenden, wenn die Inspektoren zu dem Schluss kommen, dass weitere Inspektionen nicht möglich sind. Dann müsste der Rat Stellung beziehen, und seine Mitglieder hätten sich ihrer Verantwortung zu stellen. Für einen solchen Fall möchte ich noch einmal an die Fragen erinnern, die ich bei unserer letzten Debatte am 4. Februar betont habe und auf die wir befriedigende Antworten finden sollten:

Inwiefern rechtfertigen die Art und das Ausmaß der Bedrohung die unverzügliche Anwendung militärischer Gewalt?

Wie kann man bei einer solchen Intervention garantieren, die beträchtlichen Risiken tatsächlich zu kontrollieren?

Unter allen Umständen würde in einem solchen Fall die Einheit der internationalen Gemeinschaft für ein wirksames Eingreifen garantieren. Und was auch immer geschieht: Die Vereinten Nationen werden künftig im Mittelpunkt des zu errichtenden Friedens stehen. Herr Präsident, all jenen, die sich voller Angst fragen, wann und wie wir in den Krieg eintreten werden, möchte ich entgegnen, dass der Sicherheitsrat niemals aufgrund von Überstürzung, Unverständnis, Verdächtigungen oder Angst handeln wird.

In diesem Tempel der Vereinten Nationen sind wir die Hüter eines Ideals, die Wächter eines Gewissens. Angesichts der schweren Verantwortung und der immensen Ehre, die uns zuteilwird, muss unsere höchste Priorität in einer friedlichen Abrüstung liegen.

Und es ist ein altes Land, Frankreich, auf einem alten Kontinent wie dem meinen, Europa, das Ihnen dies heute sagt. Ein Land, das Kriege erlebt hat, Besatzung und Barbarei. Ein Land, das nicht vergisst und das weiß, was es den Kämpfern für die Freiheit verdankt, die aus Amerika und anderswoher gekommen sind. Und das dennoch stets standhaft geblieben ist vor der Geschichte und den Menschen, und getreu seiner Werte mit allen Mitgliedern der internationalen Gemeinschaft entschlossen handeln möchte. Es glaubt daran, dass wir gemeinsam eine bessere Welt errichten können.

Ich danke Ihnen.