BIBLIOGRAPHIE

 

Jean-Marc de la Sablière – Dans les coulisses du monde : du Rwanda à la guerre d’Irak, un grand négociateur révèle le dessous des cartes. Robert Laffont, 2013

Jean-Marc de la Sablière – Indispensable ONU. Plon, 2017

Mémoires de Chirac – Mémoires. Vol 2 : le temps présidentiel. NIL 2011 ou Pocket en 2012

Ma vie et la politique – Gerhard SCHRODER, Odile Jacob, 2006

Dominique DE VILLEPIN – Mémoires de paix pour temps de guerre : essai. Grasset, 2016

Frédéric BOZO- Histoire secrète de la crise irakienne : la France, les Etats-Unis et l’Irak, 1991-2003. Perrin, 2013

Bruno Le Maire – Le ministre – Grasset, 2004

LE DISCOURS EN FRANÇAIS

 

Monsieur le Président,

Monsieur le Secrétaire général,

Madame et Messieurs les Ministres,

Messieurs les Ambassadeurs,

Je remercie Messieurs Blix et El Baradei pour les indications qu’ils viennent de nous fournir sur la poursuite des inspections en Iraq. Je tiens à nouveau à leur exprimer la confiance et le plein soutien de la France dans leur mission.

Vous savez le prix que la France attache, depuis l’origine de la crise iraquienne, à l’unité du Conseil de sécurité. Cette unité repose aujourd’hui sur deux éléments essentiels :

Nous poursuivons ensemble l’objectif d’un désarmement effectif de l’Iraq. Nous avons en ce domaine une obligation de résultat. Ne mettons pas en doute notre engagement commun en ce sens. Nous assumons collectivement cette lourde responsabilité qui ne doit laisser place ni aux arrière-pensées, ni aux procès d’intention. Soyons clairs : aucun d’entre nous n’éprouve la moindre complaisance à l’égard de Saddam Hussein et du régime iraquien.

En adoptant à l’unanimité la résolution 1441, nous avons collectivement marqué notre accord avec la démarche en deux temps proposée par la France : le choix du désarmement par la voie des inspections et, en cas d’échec de cette stratégie, l’examen par le Conseil de sécurité de toutes les options, y compris celle du recours à la force. C’est bien dans ce scénario d’échec des inspections, et dans ce cas seulement, que pourrait se justifier une seconde résolution.

La question qui se pose aujourd’hui est simple : considérons-nous en conscience que le désarmement par les missions d’inspection est désormais une voie sans issue ? Ou bien, estimons-nous que les possibilités en matière d’inspection offertes par la résolution 1441 n’ont pas encore été toutes explorées ?

En réponse à cette question, la France a deux convictions :

la première, c’est que l’option des inspections n’a pas été conduite jusqu’à son terme et peut apporter une réponse efficace à l’impératif du désarmement de l’Iraq ; la deuxième, c’est qu’un usage de la force serait si lourd de conséquences pour les hommes, pour la région et pour la stabilité internationale qu’il ne saurait être envisagé qu’en dernière extrémité.

Or, que venons-nous d’entendre, à travers le rapport de MM. Blix et El Baradei ? Nous venons d’entendre que les inspections donnent des résultats. Bien sûr, chacun d’entre nous veut davantage et nous continuerons ensemble à faire pression sur Bagdad pour obtenir plus. Mais les inspections donnent des résultats.

Lors de leurs précédentes interventions au Conseil de sécurité, le 27 janvier, le Président exécutif de la CCVINU et le Directeur général de l’AIEA avaient identifié précisément les domaines dans lesquels des progrès étaient attendus. Sur plusieurs de ces points, des avancées significatives ont été obtenues :

Dans les domaines chimique et biologique, les Iraquiens ont remis de nouveaux documents aux inspecteurs. Ils ont aussi annoncé la création de commissions d’investigation, dirigées par les anciens responsables des programmes d’armements, conformément aux demandes de Monsieur Blix.

Dans le domaine balistique, les informations fournies par l’Iraq ont permis aux inspecteurs de progresser également. Nous détenons avec précision les capacités réelles du missile Al-Samoud. Maintenant, il convient de procéder au démantèlement des programmes non-autorisés, conformément aux conclusions de Monsieur Blix.

Dans le domaine nucléaire, des informations utiles ont été transmises à l’AIEA sur les points importants évoqués par Monsieur El Baradei le 27 janvier dernier : l’acquisition d’aimants susceptibles de servir à l’enrichissement d’uranium et la liste des contacts entre l’Iraq et le pays susceptible de lui avoir fourni de l’uranium.

Nous sommes là au cœur de la logique de la résolution 1441, qui doit assurer l’efficacité des inspections grâce à une identification précise des programmes prohibés, puis à leur élimination.

Nous sommes tous conscients que le succès des inspections suppose que nous aboutissions à une coopération pleine et entière de l’Iraq. La France n’a cessé de l’exiger. Des progrès réels commencent à apparaître :

L’Iraq a accepté le survol de son territoire par des appareils de reconnaissance aérienne. Il a permis que des scientifiques iraquiens soient interrogés sans témoins par les inspecteurs ; un projet de loi prohibant toutes les activités liées aux programmes d’armes de destruction massive est en cours d’adoption, conformément à une demande ancienne des inspecteurs. L’Iraq doit fournir une liste détaillée des experts ayant assisté en 1991 aux destructions des programmes militaires.

La France attend bien entendu que ces engagements soient durablement vérifiés. Au-delà, nous devons maintenir une forte pression sur l’Iraq pour qu’il aille plus loin dans la voie de la coopération.

Ces progrès nous confortent dans la conviction que la voie des inspections peut être efficace. Mais nous ne devons pas nous dissimuler l’ampleur du travail restant à accomplir : des questions doivent être encore élucidées, des vérifications doivent être conduites, des installations ou des matériels doivent sans doute encore être détruits.

Pour ce faire, nous devons donner aux inspections toutes les chances de réussir.

J’ai fait des propositions le 5 février devant le Conseil. Depuis lors, nous les avons précisées dans un document de travail adressé à Messieurs Blix et El Baradei et communiquées aux membres du Conseil.

Quel est leur esprit ? Il s’agit de propositions pratiques et concrètes, qui peuvent être mises en œuvre rapidement et qui sont destinées à renforcer l’efficacité des opérations d’inspection. Elles s’inscrivent dans le cadre de la résolution 1441 et ne nécessitent par conséquent aucune nouvelle résolution du Conseil. Elles doivent venir à l’appui des efforts menés par Messieurs Blix et El Baradei. Ils sont naturellement les mieux à même de nous dire celles d’entre elles qu’ils souhaitent retenir pour assurer la meilleure efficacité de leurs travaux. Dans leur rapport, ils nous ont fait des commentaires utiles et opérationnels.

La France a déjà annoncé qu’elle tenait des moyens supplémentaires à la disposition de MM. Blix et El Baradei, à commencer par ses appareils de surveillance aérienne Mirage IV.

Alors oui j’entends bien les critiques :

Il y a ceux qui pensent que dans leur principe, les inspections ne peuvent avoir aucune efficacité. Mais je rappelle que c’est le fondement même de la résolution 1441 et que les inspections donnent des résultats. On peut les juger insuffisantes mais elles sont là.

Il y a ceux qui croient que la poursuite du processus d’inspection serait une sorte de manœuvre de retardement visant à empêcher une intervention militaire. Cela pose naturellement la question du temps imparti à l’Iraq. Nous sommes là au centre des débats. Il y va de notre crédibilité et de notre esprit de responsabilité. Ayons le courage de mettre les choses à plat.

Il y a deux options :

L’option de la guerre peut apparaître a priori la plus rapide. Mais n’oublions pas qu’après avoir gagné la guerre, il faut construire la paix. Et ne nous voilons pas la face : cela sera long et difficile, car il faudra préserver l’unité de l’Iraq, rétablir de manière durable la stabilité dans un pays et une région durement affectés par l’intrusion de la force. Face à de telles perspectives, il y a l’alternative offerte par les inspections, qui permet d’avancer de jour en jour dans la voie d’un désarmement efficace et pacifique de l’Iraq. Au bout du compte, ce choix-là n’est-il pas le plus sûr et le plus rapide ?

Personne ne peut donc affirmer aujourd’hui que le chemin de la guerre sera plus court que celui des inspections. Personne ne peut affirmer non plus qu’il pourrait déboucher sur un monde plus sûr, plus juste et plus stable. Car la guerre est toujours la sanction d’un échec. Serait-ce notre seul recours face aux nombreux défis actuels ? Donnons par conséquent aux inspecteurs des Nations Unies le temps nécessaire à la réussite de leur mission. Mais soyons ensemble vigilants et demandons à Messieurs Blix et El Baradei de faire régulièrement rapport au Conseil. La France, pour sa part, propose un nouveau rendez-vous le 14 mars au niveau ministériel, pour évaluer la situation. Nous pourrons alors juger des progrès effectués et de ceux restant à accomplir.

Dans ce contexte, l’usage de la force ne se justifie pas aujourd’hui. Il y a une alternative à la guerre : désarmer l’Iraq par les inspections. De plus, un recours prématuré à l’option militaire serait lourd de conséquences.

L’autorité de notre action repose aujourd’hui sur l’unité de la communauté internationale. Une intervention militaire prématurée remettrait en cause cette unité, ce qui lui enlèverait sa légitimité et, dans la durée, son efficacité.

Une telle intervention pourrait avoir des conséquences incalculables pour la stabilité de cette région meurtrie et fragile. Elle renforcerait le sentiment d’injustice, aggraverait les tensions et risquerait d’ouvrir la voie à d’autres conflits.

Nous partageons tous une même priorité, celle de combattre sans merci le terrorisme. Ce combat exige une détermination totale. C’est, depuis la tragédie du 11 septembre, l’une de nos responsabilités premières devant nos peuples. Et la France, qui a été durement touchée à plusieurs reprises par ce terrible fléau, est entièrement mobilisée dans cette lutte qui nous concerne tous et que nous devons mener ensemble. C’est le sens de la réunion du Conseil de sécurité qui s’est tenue le 20 janvier, à l’initiative de la France.

Il y a dix jours, le Secrétaire d’État américain, Monsieur Powell, a évoqué des liens supposés entre Al-Qaida et le régime de Bagdad. En l’état actuel de nos recherches et informations menées en liaison avec nos alliés, rien ne nous permet d’établir de tels liens. En revanche, nous devons prendre la mesure de l’impact qu’aurait sur ce plan une action militaire contestée actuellement. Une telle intervention ne risquerait-elle pas d’aggraver les fractures entre les sociétés, entre les cultures, entre les peuples, fractures dont se nourrit le terrorisme ?

La France l’a toujours dit : nous n’excluons pas la possibilité qu’un jour il faille recourir à la force, si les rapports des inspecteurs concluaient à l’impossibilité pour les inspections de se poursuivre. Le Conseil devrait alors se prononcer et ses membres auraient à prendre toutes leurs responsabilités. Et, dans une telle hypothèse, je veux rappeler ici les questions que j’avais soulignées lors de notre dernier débat le 4 février et auxquelles nous devrons bien répondre :

En quoi la nature et l’ampleur de la menace justifient-elles le recours immédiat à la force ?

Comment faire en sorte que les risques considérables d’une telle intervention puissent être réellement maîtrisés ?

En tout état de cause, dans une telle éventualité, c’est bien l’unité de la communauté internationale qui serait la garantie de son efficacité. De même, ce sont bien les Nations Unies qui resteront demain, quoi qu’il arrive, au cœur de la paix à construire.

Monsieur le Président, à ceux qui se demandent avec angoisse quand et comment nous allons céder à la guerre, je voudrais dire que rien, à aucun moment, au sein de ce Conseil de sécurité, ne sera le fait de la précipitation, de l’incompréhension, de la suspicion ou de la peur.

Dans ce temple des Nations Unies, nous sommes les gardiens d’un idéal, nous sommes les gardiens d’une conscience. La lourde responsabilité et l’immense honneur qui sont les nôtres doivent nous conduire à donner la priorité au désarmement dans la paix.

Et c’est un vieux pays, la France, d’un vieux continent comme le mien, l’Europe, qui vous le dit aujourd’hui, qui a connu les guerres, l’occupation, la barbarie. Un pays qui n’oublie pas et qui sait tout ce qu’il doit aux combattants de la liberté venus d’Amérique et d’ailleurs. Et qui pourtant n’a cessé de se tenir debout face à l’Histoire et devant les hommes. Fidèle à ses valeurs, il veut agir résolument avec tous les membres de la communauté internationale. Il croit en notre capacité à construire ensemble un monde meilleur.

Je vous remercie.

LE TEXTE EN ANGLAIS

 

Mr. President, Mr. Secretary- General, distinguished ministers, distinguished ambassadors, I would like to thank Mr. Blix and Mr. ElBaradei for the information they have given us on the continuing inspections in Iraq. I would like to reiterate to them France’s confidence and complete support in their work.

You know the value that France has placed on the unity of the Security Council from the outset of the Iraq crisis. This unity rests on two fundamental elements at this time. We are pursuing together the objective of effectively disarming Iraq. We have an obligation to achieve results. Let us not cast doubt on our common commitment to this goal. We shoulder collectively this onerous responsibility, which must leave no room for ulterior motives or assumptions.

Let us be clear. Not one of us feels the least indulgence towards Saddam Hussein and the Iraqi regime. In unanimously adopting Resolution 1441, we collectively expressed our agreement with the two- stage approach proposed by France: disarmament through inspections and, should this strategy fail, consideration by the Security Council of all the options, including the recourse to force. It was clearly in the event inspections failed and only in that event that a second resolution could be justified.

The question today is simple. Do we believe in good conscience that disarmament via inspections is now leading us to a dead end, or do we believe that the possibilities regarding inspections presented in 1441 have still not been fully explored?

In response to this question, France believes two things. First, the option of inspections has not been taken to the end. It can provide an effective response to the imperative of disarming Iraq.

Secondly, the use of force would be so fraught with risk for people, for the region and for international stability that it should only be envisioned as a last resort.

So what have we just learned from the reports by Mr. Blix and Mr. ElBaradei? We have just learned that the inspections are purchasing results. Of course, each of us wants more, and we will continue together to put pressure on Baghdad to obtain more. But the inspections are purchasing results. At earlier reports to the Security Council on 27 January, the executive chairman of UNMOVIC and the director-general of the IAEA identified in detail areas in which progress was expected. Significant gains have now been made on several of these fronts.

In the chemical and biological areas, the Iraqis have provided the inspectors with new documentation. They have also announced they are reestablishing two commissions of inquiry, led by former officials of weapons programs in accordance with Mr. Blix’s requests.

In the ballistic area, the information provided by Iraq has enabled the inspectors to make progress. We now know exactly the real capabilities of the Al-Samoud missile. The unauthorized programs must now be dismantled in accordance with Mr. Blix’s conclusions.

In the nuclear domain, useful information has been given to the IAEA on the most important points discussed by Mr. ElBaradei on 27 January. The acquisition of magnets that could be used to enrich uranium and the list of contacts between Iraq and the country likely to have provided it with uranium.

And so here we are at the heart of the logic of Resolution 1441, which must ensure effective inspections through precisely identifying banned programs and then eliminating them. We all realize that success in the inspections presupposes that we get full and complete cooperation from Iraq. France has consistently demanded this.

Real progress is emerging. Iraq has agreed to aerial reconnaissance over its territory; it has allowed Iraqi scientists to be questioned by inspectors without witnesses; a bill barring all activities linked to weapons of mass destruction programs is being adopted, which is in accordance with the long-standing request from the inspectors; and Iraq is providing a detailed list of experts who witnessed the destruction of military programs in 1991.

France, naturally, expects these commitments to be (durably ?) verified as facts. Beyond that, we must maintain strong pressure on Iraq so that it goes further in its cooperation. Progress like this strengthens us in our conviction that inspections can be effective. But we must not shut our eyes to the amount of work that still remains. Questions still have to be cleared up, verifications made, and installations and equipment probably still have to be destroyed. To do this, we must give the inspections every chance of succeeding.

I made some proposals to the council on 5 February, and since then, we detailed them in a working document addressed to Mr. Blix and Mr. ElBaradei, which was distributed to council members. What is the spirit of those proposals? They are practical and concrete proposals that can be implemented quickly. They are designed to enhance the efficiency of inspection operations. They fall within the framework of Resolution 1441, and consequently, they do not require a new resolution by this council. They come to support the efforts of Mr. Blix and Mr. ElBaradei, who are, naturally, the best place to tell us which ones they wish to ensure maximum effectiveness in their work. In their reports, they have already made useful and operational comments.

France has already announced it has additional resources available to Mr. Blix and Mr. ElBaradei, beginning with our Mirage IV reconnaissance aircraft.

Oh, yes, I hear criticism. There are those who think that inspections, in their very essence, cannot be effective at all. But let me recall that that was the very foundation of Resolution 1441, and that inspections are producing results. One may judge them inadequate, but the results are there.

Then there are those who believe that continuing the inspection process is a kind of delaying tactic to prevent or avert military intervention. That naturally raises a question of how much time is allowed Iraq. And this brings us to the heart of the matter. What is at stake is our credibility and our sense of responsibility. Let us have the courage to see things as they are. There are two options. The option of war might seem a priori to be the swiftest, but let us not forget that having won the war, peace has to be built. Let us not delude ourselves. This will be long and difficult because it will be necessary to preserve Iraq’s unity and to restore stability in a lasting way in a country and a region harshly affected by the intrusion of force.

Faced with that prospective, there is an alternative — inspections — which allow us to move forward day by day with the effective and peaceful disarmament of Iraq. In the end, is that choice not the most sure and most rapid?

No one today can claim that the path of war will be shorter than the path of inspections. No one can claim that it would lead to a safer, more just, more stable world, for war is always the sanction of failure. Would this be our sole recourse in the face of the many challenges at this time?

So let us give the United Nations inspectors the time they need for their mission to succeed, but also let us all be vigilant and ask Mr. Blix and Mr. ElBaradei to report regularly to the council.

France, for its part, would propose another meeting on 14 March at the ministerial level to assess the situation. We would then be able to judge the progress made and what remains to be done.

Given this context, the use of force is not justified at this time. There is an alternative to war: Disarming Iraq via inspections. Moreover, premature recourse to the military option would be fraught with risks. The authority of our action is based today on the unity of the international community. Premature military intervention will bring this unity into question, and that would detract from its legitimacy and in the long run, its effectiveness. Such intervention could have incalculable consequences for the stability of this scarred and fragile region. It would compound the sense of injustice, increase tension and risk paving the way to other conflicts.

We all share the same priority: Fighting terrorism mercilessly. This fight requires total determination. Since the tragedy of September 11, this has been one of the highest priorities facing our peoples. France has been struck hard by this terrible scourge several times, and it is wholly mobilized in this fight which involves all of us, which we must pursue together. That was the sense of the Security Council meeting held on 20 January and France’s initiative.

Ten days ago, the U.S. secretary of State, Mr. Powell, reported alleged links between al Qaeda and the Baghdad regime. Given the present state of our research and intelligence in liaison with our allies, nothing allows us to establish such links. But we must assess the impact that disputed military action would have on this level. Would such intervention today not be liable to exacerbate divisions between societies, cultures, peoples; divisions that nurture terrorism?

All along, France has been saying we do not exclude the possibility that force may have to be used one day. If the inspectors reports concluded it was impossible to continue inspections, the council would then have to take a decision and its members would have to meet all of their responsibilities.

In such an eventuality, I just want to recall now the questions I stressed at our last debate on 4 February, which we must answer.

To what extent do the nature and extent of the threat justify immediate recourse to force?

How do we ensure that the considerable risks of such intervention can actually be kept under control?

In any case, in such an eventuality, it is the unity of the international community that would ensure and guarantee its effectiveness. It is the United Nations that, whatever happens, will still tomorrow be at the center of the peace to be built.

To those who are anguished, wondering when and how we are going to cede to war, I would like to say that nothing at any time in this council will be done in haste, in misunderstanding, out of suspicion or out of fear.

In this temple of the United Nations, we are the guardians of an ideal, the guardians of a conscience. The onerous responsibility and immense honor we have must lead us to give priority to disarmament through peace.

This message comes to you today from an old country, France, from a continent (inaudible) Europe that has known war, occupation, barbarity. It is an old country that does not forget and is very aware of all it owes to freedom fighters who came from America and elsewhere.

And yet France has always stood upright in the face of history before mankind. Faithful to its values, it wants resolutely to act together with all members of the international community. France believes in our ability to build together a better world.

Thank you, Mr. President.